jeudi 15 novembre 2018

broderies intimes





Dans sa poche pesait les clefs qu'elle palpait pour se raccrocher à sa réalité. Tac tac tac faisaient ses bottines prunes sur la dalle de béton du sous sol nauséabond, en approchant des portes blindées de ses sensualités partagées. Il était 20h 30 sur sa montre qui ne faisait pas tic tac. On était mardi, Lie avait la permission de minuit. 

Elle entra, le couloir était éclairé. Lie défit ses bottines pour n'entendre plus que le gong de son cœur. Se posa, elle et ses affaires, quelques instants. But un verre d'eau puis partie doucement sur la pointe de ses bas, revisiter l'endroit en point de croix.

Passant de salles en salles dans le couloir aux portes ouvertes sur des pénombres au fil d'argent. Frôlant s'asseyant s'agenouillant s'allongeant dans ces lieux ou Lie s'était sentie chair et âme, tout à la fois, sous le cadre de ses lourdes mains, les ciseaux de ses raffinements, le point compté de ses baisers, le découseur de ses raclées, le ruban de ses extases.

Une porte seule était fermée qu'elle croisait sans l'ouvrir comme pour conjurer ses espoirs. Mais les espoirs, comme tout, doivent mourir un jour. Et Lie tira la chevillette, la bobinette chera et la porte s'ouvrit sur un noir velouté une odeur de whisky enfumé, un point qui brille.

Ce n'est pas sa tête qui décida la première mais ses mains qui la mirent nue en un tour..., et ses jambes qui coururent l’asseoir sur ses genoux, toute crue.



Broderie - SAÚDE Mag