dimanche 13 juillet 2014

sceau érotique



L Ôte L.

(regardez comme la jarretière est délicatement coordonnées aux talons hauts à bride)



Le lit posé comme une île, ponctué de deux tables de nuit. En face, une armoire poussée dans l’angle de la fenêtre à rideaux. Au sol, ne reste qu’un maigre serpentin de moquette qui semble rattacher l’ensemble de ce curieux garde meuble. La chambre d’hôtel a ceci de particulier qu’elle ne ressemble en rien à la votre, jamais. L’homme debout qui attend, ne ressemble pas au votre non plus, d’ailleurs…. !

Petit ou grand, mince ou gros, emprunté ou assuré, d’écritures en rencontres, il est là pour vous fesser. Et vous ? Vous êtes là pourquoi, exactement… ? Un début d’incrédulité floute votre réalité. Ce n’est pas le fait de votre première fois et c’est pourtant comme si. Et chaque fois, c’est l’effet d’une toute première fois…

Il s’avance, vous parle. Vous répondez en biais, décérébrée, en vous heurtant aux meubles trop présents, aux murs trop serrés. Puis sans envoyer d’invitations, il capture votre regard et vos deux épaules et fermement mais sans brutalité vous entraîne au bord du lit sur lequel il s’assoit en vous basculant, couchée sur le ventre, en travers de ses genoux. Commence alors par les premières fessées, le lent et pétrifiant mouvement de l’appropriation.

Bientôt le pantalon glisse sur les cuisses, la tunique est relevée sur le haut des reins. Les ballerines, suspendues aux orteils, chutent. Ne reste sous les claques de sa main sèche qu’une fine culotte orange dans l’élastique fragile de laquelle vos doigts crochètent quand il annonce qu’il va falloir, maintenant, vous la retirer….


Sous son insistante sans faille, elle vous échappe et glisse le long de vos jambes, vous quitte rapidement, aidée par vos mouvements désordonnées, sans même que vous ne vous en aperceviez. Et sur vos fesses offertes à présent comme deux amandes pelées, lui fait connaissance de leur grain, leur chaleur, leur ‘vivant’.

Il claque fasciné, envoûté, n’en doutez pas, par cette incroyable occasion, hors de toutes conventions sociales ou morales. Et vous dans un autre bonheur, vous recevez en priant pour que ne s’arrête jamais ce balai des émotions, cet aspirateur de sensations. Vous vous laissez, toute étonnée, ouvrir entière à toutes perceptions nouvelles dans cette danse, le ventre nu sur le tissu de son pantalon, votre nudité explorée.

La honte de se montrer a fondu et la honte de tout ce plaisir que vous ne pouvez cacher, s’installe dans votre exhibition, la façon de vous offrir. Les rires et les réparties se sont absentés. Petit à petit, vous pénétrez ensemble le silence des plaisirs. Quel supplice intense et tenace de vous laisser submerger par le pouvoir de votre corps. C’est lui qui s’exprime maintenant, c’est lui qui tel les otelles des boucliers couchés des vaincus, se cambre, s’écartèle.

Le plaisir lèche et gagne sur les plages de mes pernicieux penchants. Quand il s’interrompt et me redresse éperdue, les fesses cramoisies, le cul en feux, le cœur étourdi, la puissance des émotions hypnotiques en lecture sur son visage ne sont que le reflet troublant des miennes, effrayantes, que je ne veux pas lire. Et perdue, je fuis…


Ellie C. - Avril 2011







17 commentaires:

  1. Un mot, un regard, un geste et tout change, dans ce "jeu" où l'on ne joue pas... ;)
    J'aime beaucoup cette descente lente dans l'arène que vous nous décrivez.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ces micro détails, toutes ces petites pailles qui dans les moments de sens à vifs, peuvent créer comme une danse, ... une transe ? :) Merchi Monsieur Flow ! ;)

      Supprimer
  2. Cette perdition de son corps et de ses émotions sont magnifiques
    J'aime ton écriture. Whaou !

    RépondreSupprimer
  3. Merci aussi Marie :) Je viens planer chez toi, tu viens planer chez moi ... Quand les univers érotiques féminins "s'en mêlent" ! ;D

    RépondreSupprimer
  4. C'est beau, presque trop beau qu'on jurerai l'envolée d'un rêve....
    Tout y est écrit comme une image animée.
    Un bon moment de lecture.... Un bon moment tout court.

    RépondreSupprimer
  5. C'était beau, vraiment trop beau mais c'était vrai ! ;)

    RépondreSupprimer
  6. Réponses
    1. La honte, comme l'amertume, est une saveur subtile qu'on apprécie plutôt adulte (mais c'est quoâ un adulte ?) ;)

      Supprimer
    2. J'ai deux avis sur la honte:

      Le premier, trivial, est que: "tout est bon dans la honte !!!! "

      Le deuxième, plus emphatique, est que la honte est une liqueur délicieuse où l'on se noie parfois avec délectation.
      Quand elle infuse doucement, bat sur les tempes, enflamme les joues, altère le souffle et joue avec le petit coeur de celle qui s'y abandonne, c'est tout un babylone d'émotions contrastées qui prend vie, parce qu'on touche alors à l'interdit, ce sacré ancré en elle depuis toujours et qu'elle observe (avec un mélange de terreur et de jouissance) vaciller imperceptiblement... Raisonnablement déraisonnable.

      Supprimer
    3. Collégienne, j'ai lu "le château de ma mère" ou Marcel Pagnol tombe amoureux et joue au chien de la demoiselle, apparemment sans gêne. Mais son frangin et son ami Lili l'ont vu et racontent son drôle de jeu devant ses parents et là, oui, Marcel a honte. Une honte très désagréable . Et effectivement je me suis demandée si la honte qui me donnait de la jouissance n'était pas plutôt une honte entre moi et mon moi secret, même pour moi parfois, plutôt que vis a vis des autres. Même si certains affirment que cette émotion très complexe, très corporelle et sensorielle, ne peut se ressentir que par rapport aux autres.

      Supprimer
  7. "La honte de se montrer à fondue"...savoyarde ou bourguignonne?
    Heureusement que tu laisses encore filer des âneries comme ça dans tes textes...ça désacralise juste ce qu'il faut...et d'ailleurs en parlant de désacraliser..."C'était beau, vraiment trop beau mais c'était vrai !"...y aurait il eu d'autres choses qui ne l'étaient pas?
    Cela dit, c'est...vrai..que ça donnerait envie d'y être, même si tout le monde n'apprécie pas les hôtels.

    RépondreSupprimer
  8. :p Never est entièrement BIO !
    Quand aux hôtels la question mérite qu'on s'y arrête mais sans être une fondue des lieux son coté terrain neutre et en même temps clamé aux yeux de certains a un charme.

    RépondreSupprimer
  9. Moi j'ai honte quand je bois trop d'Irish (qu'on me force à boire d'ailleurs, soit dit en passant).
    J'ai honte quand j'ouvre une tablette de chocolat et que je sais qu'elle est condamnée.
    J'ai honte quand je tape dans les fraises Tagada, les nounours en guimauve ou les noix de Cajou.
    C'est grave docteur ?

    RépondreSupprimer
  10. ... Y a t-il un Docteur sur Never ?

    RépondreSupprimer
  11. ouiiiiiiiiiiiiiiiii.....mais hélas, j'ai peur de ne vraiment rien pouvoir pour ce pauvre Mike...juste appeler le centre de desintox peut être...où l'inscrire dans un club de gym histoire qu'il se bouffe tout seul ses tablettes de chocolat!

    RépondreSupprimer

Chuis désolée mais pour l'instant je suis punie de commentaires chez Blogger, mais je me vengerais... Tu auras compris que ce n'est plus le cas, mais ça me rappelle le bon vieux temps ! :D