mardi 7 janvier 2014

Pièce d'O


    Pièce d’O

Elle est nue, encore plus nue dans la salle de bain, froide carrelée, dont il n’a pas allumée la lumière. Il l’a laissé, là, en pénitence. Maintenant, il téléphone avec sa voix professionnelle. Elle l’entend et par l’entrebâillement de la porte l’observe qui arpente la chambre.

Tout à l’heure, elle était déjà en pénitence, mais le nez sur le carreau de la fenêtre fermée, sur la ville pointillée. Planté droit derrière son dos, il exige qu’elle se redresse, mains sur la tête, cambrée, reste immobile et je vous demande d’obéir... Qui commande ici ?

  • Qui commande ici ? bis t’il.
  • Moi…, souffle-t-elle, ce qui a pour effet immédiat de la soulever du sol et de l’atterrir sur une paire d’oreillers superposés sur le grand lit.

Affolée par son audace, cramponnée aux draps, elle subit, en gémissant étouffé, la volée de claques. Puis, et elle si attendait étant donné la gravité de la provocation, la ceinture cliquète et soupire en passant les passants, comme peinée de devoir cingler de toute la lanière, les douces collines fendues qui déjà se crispent dans l’attente inquiétante.

Après avoir vaillamment passé l’épreuve en ne s’apitoyant sur elle-même que modérément, ce qui lui a valu de se faire rabrouer et conseiller de ne pas trop en rajouter, s’il vous plait ! Il l’a relevée dans ses bras, entièrement déshabillée et laissée, là, toute seule, dans le noir-froid de la salle de bain. Elle s’est d’abord réfugiée derrière le pare douche pour reprendre son souffle et en profite pour se rafraichir les orbes culiers en les plaquant sur la faïence.

Quand il a raccroché, elle s’empresse de regagner la douche furtivement, mais il surgit trop vite, l’attrape, la soulève sous les cuisses en les écartant largement et s’étant introduit en elle, la cloue au mur en quelques coups de reins. Puis, comme un voleur, il emporte sa rapine amarrée, sur le lit encouété, pour mieux la visiter…



                   Ellie C Mars 2012

10 commentaires:

  1. Moi je dirais comme ça, furtivement...un appel au peuple? Qui possède une douche carrelée de faïence parmi les afficionados de notre chère Ellie?
    Question subsidiaire? vous connaissez un carreleur?

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  2. je connais des carreleurs et un hypnotiseur ... :)
    Et il ne s'agit pas d'un appel au peuple, non non... :p

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  3. "les orbes culiers"... en voilà une belle expression :)
    Très joli texte !

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  4. ah oui "les orbes culiers" ...
    Mais c'est que maintenant faut drôlement se casser la nénette, pour se démarquer un peu, avec tous ces gens qui écrivent des jolis textes :D Je viens te lire de temps en temps. Pour l'instant tu échappes à mes commentaires à la noix,... Mais tu ne perds rien pour attendre ! ;D

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  5. se démarquer..oui bien sûr...que pourrait-on faire d'original avec les orbes culiers? juste en rajoutant un article et en mélangeant les lettres? lier les courbes? moi ça me plait bien!

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  6. Beau texte certes, mais on reste sur sa faim. C'est quoi la dernière visite qu'il veut mieux faire ?

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  7. mais tu sais bien Mike ... La visite du docteur ! Antoine va t'expliquer...

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  8. Ce joli texte à fait cavaler mon imagination... J'aurais voulu être à sa place ... Doux rêve.

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  9. Rêver, notre plus belle liberté ! :)

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Chuis désolée mais pour l'instant je suis punie de commentaires chez Blogger, mais je me vengerais... Tu auras compris que ce n'est plus le cas, mais ça me rappelle le bon vieux temps ! :D