vendredi 13 décembre 2013



                 Sarah Harvey

La piscine   (encore...)

(Brève d’Ellie – 12)


C’est chaud, c’est doux, nue, couchée moitié sur la margelle de pierres polies, les bras dansant dans l’eau, je regarde les mouvements lumineux et lascifs de la piscine. Cela fait dix minutes, ou peut être deux heures, je ne sais pas. Hypnotisée, je m’absente…

  • Le p’tit déjeuner est servi, dépêche toi !
  • Mmmmh, quelle bonne nouvelle… Je ne bouge pas. Il s’approche en faisant claquer ses chaussures italiennes, soupire et gronde.
  • Il me semble t’avoir appelée, non ? Mais, je suis perdue, le regard vague.
  • Je vais te réveiller, moi ! Maugréé t’il

Il saisi mes jambes repliées et me bascule dans la piscine. Je ne crie pas, je coule toute enroulée puis laisse mon corps se déplier doucement et remonter, les yeux écarquillés fixant le fond. Ma bouche légèrement ouverte laisse échapper ses bulles et ses borborygmes. Je sens de nouveau sur mes épaules et mes reins qui pointent le piquant du soleil. Je dérive bercée. Au loin j’entends sa voix mouillée.

  • Ellie… ! Elliiiiie… ? Ellie arrête ça tout de suite… ! Ellie ? Merdeuuuuu, tu fais vraiment chier ! ( Mignon, mais très grossier… )

PLAOUF ! Mon corps chavire sous le raz de marée de son immersion. Il remonte vivement, m’attrape et me sort vigoureusement de l’eau. Je crachote un peu tandis qu’il me remet sur pied et m’entraîne un peu vite, vers la terrasse du petit déjeuner. Il me lâche et se laisse choir dégoulinant sur un Sunlounger à roulettes, en teck d’Indonésie, retire ses chaussettes en pestant et les essore. Alors, je gazouille doucement dans ses oreilles inondées :

  • Tu m’aimes bien, alors ?... On pourrait même dire que tu tiens à moi, vu que tu viens de noyer ton costume Armani dans le chlore de ta piscine… Je croyais qu’il n’était pas question de sentiments dans les histoires de fessée ? Ce n’est pas ce que tu as écrit, un jour, sur le forum ?... Enfin, n’exagérons rien, tu as quand même pris le temps de virer les souliers…

Je tente un pas pour rejoindre un joli petit œuf à la coque, tout désespéré de refroidir seul, quand poigne d’acier interrompt cet élan de compassion pour me saisir au menton.

  • Bougre de petite chieuse ! (Je vous avais prévenu)
  • Tu l’as fait exprès, hein ? Dis le qu’à aucun moment tu ne t’es sentie mal ! Alleeeez, dis-le ! …Si tu ne sais pas faire la différence entre une plaisanterie et une vilaine blague, je me charge de t’apprendre ! Et dans l’instant, il me plie sous son bras pour sécher, d’une main didactique, mes orbes mouillés…

     Ellie C. – Dec. 2011


Quand je suis tombée sur les œuvres de Sarah Harvey, je me suis souvenue de cette histoire que j'avais écrite il y a deux ans, deux ans pile poil, pioufff... !

"Quelqu'un" sur le forum parlait de sa piscine et je m'étais laissée couler dans la brève.

15 commentaires:

  1. Tricheuse....dans ton récit,tu dis que tu es nue ...et c'est rien qu'à être pas vrai sur les images....!!
    Voilà qui mérite...tu sais quoi je suppose...

    RépondreSupprimer
  2. :) Oui c'est vrai, il y a du tissu sur ces corps dans l'eau...
    Mais as tu remarqué Antoine Vatefairecoupélécheveux que la nageuse a l'air d'en avoir aussi sur les yeux ? mmmh... Je ferai bien un post sur ce sujet un de ces jours.

    RépondreSupprimer
  3. tu veux dire les yeux bandés? Hum...Waldo que tu fais bander en récitant la Marseillaise...une fille aux yeux bandés...la bandaison papa ça se commande pas....mais on ne parle plus que de ça ici...a l'eau quoi!!!

    RépondreSupprimer
  4. Tu as raison. Je vais plutôt faire un post sur les Barbapapa...

    RépondreSupprimer
  5. Ah oui, le truc qui colle et qu'après on fait essuyez vous les moustaches les unes les autres? j'aime bien aussi....

    RépondreSupprimer
  6. Quelle chieuse (délicieuse), vous faites, en effet ! ;D
    Et ça revient bien un costume Armani, après un séjour en eau chlorée?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non ça revient pas bien du tout du tout ! Je note le sacrifice ! :D

      Supprimer
  7. La piscine, ben oui, rien d'autre q'un trou rempli d'eau et pourtant ça inspire.... attention "inspire" pas "aspirer" sinon c'est la tasse. Ouais ça inspire, même un film portait ce titre.

    A vrai dire si on retire "ins" et qu'on garde "'pire" donc au pire l'étoffe rouge à mes yeux sans masque et du coup ça pique le chlore, je disais qu'à mes yeux, l'étoffe rouge cachant ce que nous croyons essentiel, à moi aurait tendance à me dévoiler que je ne suis pas encore bon pour la casse. ben oui, ça m'excite qu'on me cache des choses, je n'y peut rien, c'est comme ça. Exemple, si quelqu'un cache un martinet dans son dos, normalement on ne sait pas ce que c'est, mais on devine sans en être certain et là c'est très excitant.
    je m'égare, mmmmmm, j'aime bien ce petit récit.... Tiens j'y pense, ça fait combien de temps que je n'ai pas pris un bain ? Où est mon Bikini ?

    RépondreSupprimer
  8. Aaaaaaaaaah la piscine, avec la belle Romy et le chat Delon qui effeuille sa branche de troëne avant de lui cingler le dos nu... Tu peux aller plonger Mike ! ;)

    RépondreSupprimer
  9. Le retour du baron
    Il y a combien de temps, il y a combien de jours que je noie mon chagrin dans le schnaps, attendant toujours et infiniment votre accord pour nos épousailles!
    Je découvre une nouvelle facette de vos facéties, et vous attirance, peut être effectivement un peu rance, pour l'ordurerie langagière, ce qui me désole quelque peu. Je comprends que l'usage de certaines locutions puisse déclencher quelque conjonction neurono-hormonale dans certaines situations très ciblées. Nonobstant, lorsqu'enfin vos fesses consentiront enfin à accepter ma demande en mariage, il faudra qu'elles se le tiennent pour dit. Hors de question que lors de la cérémonie, elles se laissent aller à la moindre dérive verbale. Oui, je sais, mais que voulez vous, depuis si longtemps que la vision de vos fesses me parlent, je les imagine totalement capables de s'exprimer verbalement.
    Bref, lorsque la piscine de mon château autrichien aura dégelé, elle saura vous accueillir avec tous les honneurs dus à leur rang de beauté princeps, et puisque j'utilise le mot dégelé, je vous imaginer ce qui risque de leur advenir. Pour ce qui est du bandeau sur les yeux, nous y réfléchirons. Un fragment de votre robe de mariée suffira je pense. Au fait avez vous bien reçu le mail que je vous ai envoyé il y a moult semaines, concernant l'ensemble des tenues de j'aimerais vous voir porter lors de cette grandiose journée, dont je connais, malgré votre silence, l'inéluctabilité?
    Votre dévoué et amoureusement transi baron...

    RépondreSupprimer
  10. Le Baron - Le retour.

    Je voulais vous préciser que si vous épousiez mes fesses faudrait prendre tout le reste avec, et ça, hmm... :)

    RépondreSupprimer
  11. Mais j'y compte bien, et ça ne me fait pas peur , loin de là. d'ailleurs, dans notre famille, la peur n'est pas de mise!
    Epousez vos fesses, vous l'aurez compris très chère Ellie, n'est qu'un prétexte pour vous posséder en totalité, de la racine de vos cheveux, que j'imagine longs et bouclés, jusqu'à la pointe de vos orteils, dont j'espère qu'ils sont en permanence ornés d'un rouge carmin.
    Et, juste pour vous paraphraser, oui je dirais : Hum!!!

    RépondreSupprimer
  12. Tu sais, tu devrais décomplexer sur ton âge... la vraie gamine, c'est toi.

    RépondreSupprimer
  13. :) J'imite bien la vilaine gamine en tout cas !
    Pour le reste chacun garde en soi un flacon d'essence de l'enfant qu'il était; plus ou moins grand le flacon...
    Remets toi bien.

    RépondreSupprimer

Chuis désolée mais pour l'instant je suis punie de commentaires chez Blogger, mais je me vengerais... Tu auras compris que ce n'est plus le cas, mais ça me rappelle le bon vieux temps ! :D